Corrigé détaillé · chapitre 10

Rédiger un diagnostic financier

À vous : les décisions de 2026 à l’épreuve

DécisionDette netteRatioPlafond
Comptes publiés65,22,498respecté
Dividende reconduit de 3,568,72,63franchi
Dividende de 4,069,22,65franchi
Délai clients à 90  ;jours58,42,24respecté
Délai à 90  ;jours, puis dividende de 3,561,92,37respecté

Le bilan de 2025 est présenté avant répartition : le dividende de 2026 sort en entier de la trésorerie. Dividende : 65,2 + 3,5 = 68,7, ou 65,2 + 4,0 = 69,2. Délai clients : 65,2 − 6,8 = 58,4. Avec 0,05  ;MDH de marge, l’un comme l’autre fait franchir le plafond. Le retour à 90  ;jours retire 6,8  ;MDH de dette : le dividende reconduit passe alors (2,37), et même 4  ;MDH (62,4 / 26,1 = 2,39). La décision qui compte porte sur le BFG.

Pour aller plus loin : si l’EBE baissait de 10 %

EBE 2026 : 26,1 × 0,9 = 23,5  ;MDH ; ratio 65,2 / 23,5 = 2,77. Dette nette maximale : 2,5 × 23,5 = 58,75  ;MDH ; il faut donc réduire la dette nette d’au moins 6,5  ;MDH (65,2 − 58,75 = 6,45). Le délai clients à 90  ;jours (6,8  ;MDH) suffit, de peu : 58,4 / 23,5 = 2,49. Le dividende reconduit ne passe plus : 61,9 / 23,5 = 2,63. Le plafond de 3,0 suffirait aussi (2,77), mais il dépend de la banque. Conclusion : « Une baisse de 10 % de l’EBE ferait franchir le covenant. Ramener le délai clients à 90  ;jours suffirait à l’éviter, sans dividende en 2026 : c’est la priorité de l’année. »

Étude de cas : Sebou Couleurs

  1. Ratios.
    Sebou Couleurs20242025
    Taux d’EBE13,0 %12,5 %
    Dette nette (MDH)13,515,0
    Dette nette / EBE (fois)1,631,67
    Couverture des intérêts (fois)7,56,9

    Taux d’EBE : 8,3 / 64,0 et 9,0 / 72,0. Dette nette : 12,0 + 3,0 − 1,5 = 13,5 ; 10,0 + 6,0 − 1,0 = 15,0. Couverture : 8,3 / 1,1 et 9,0 / 1,3.

  2. Classement. Forces : (a) et (e). Faiblesses : (b) et (f), mesurées dans les comptes. Risques : (c), le départ du premier client ou une baisse de ses commandes, et (d), une hausse du dollar ou du prix du pigment.
  3. Pro forma. Dette nette : 15,0 + 8,0 + 2,0 = 25,0 (le crédit ajoute 8,0 de dette, le solde de 2,0 alourdit le découvert). Ratio : 25,0 / 9,0 = 2,78. Marge de manœuvre : 3,0 × 9,0 − 25,0 = 2,0  ;MDH. EBE minimal : 25,0 / 3,0 = 8,3  ;MDH, soit une baisse possible de 0,7  ;MDH (7 %). En 2027 : 25,0 / (9,0 + 1,5) = 2,38, avant même les remboursements.
  4. Synthèse type. « Avis favorable, sous deux conditions. Sebou Couleurs est rentable (taux d’EBE de 12,5 %) et peu endettée (1,7 fois l’EBE). Le crédit porterait le ratio à 2,8 pour un plafond de 3,0, puis à 2,4 en 2027 si la ligne apporte bien 1,5  ;MDH d’EBE. La marge est mince : 2,0  ;MDH de dette en plus, ou 0,7  ;MDH d’EBE en moins (7 %), et le plafond est franchi. Le délai clients s’allonge de 13  ;jours (3,1  ;MDH de créances TTC de plus qu’à 75  ;jours) et le premier client pèse 30 % des ventes. Conditions : retour à 75  ;jours de délai clients, suivi chaque trimestre ; aucun dividende tant que la dette nette dépasse 2,5 fois l’EBE. » Créances : 72,0 × 1,2 × 13 / 360 = 3,1  ;MDH.

Testez vos connaissances

  1. La conclusion et la décision à voter. L’historique, les ratios et le plan viennent ensuite, comme preuves ou en annexe.
  2. Le rachat possible du client. C’est un événement futur. Les trois autres constats sont mesurés dans les comptes : deux faiblesses et une force.
  3. Non. La couverture dit que Kartona peut payer ses intérêts. Mais sa trésorerie nette est de −17,2  ;MDH, son flux d’exploitation 2025 de 3,1  ;MDH seulement, et sa dette nette touche le plafond du covenant (2,498 pour 2,5). La difficulté vient de la trésorerie.
  4. Ratio 46 / 20 = 2,3 ; marge 2,5 × 20 − 46 = 4  ;MDH ; EBE minimal 46 / 2,5 = 18,4  ;MDH, soit 8 % de baisse possible. Après un dividende de 3  ;MDH payé sur le découvert : 49 / 20 = 2,45, encore sous le plafond.
  5. Signes inversés. Le découvert est une dette ; la trésorerie actif se déduit, comme les titres de placement (aucun chez Kartona) : 48,0 + 19,5 − 2,3 = 65,2  ;MDH, soit 2,498  ;fois l’EBE : covenant respecté de justesse. L’erreur donnait 30,8.
  6. Oui. Le ROE (11,7 %) dépasse le ROCE après impôt (9,1 %), car la dette coûte moins que ce que rapportent les capitaux employés : 3,9 / 65,2 = 6,0 % avant impôt, 4,8 % après un impôt de 20 % (chapitre 8). L’effet deviendrait négatif (effet massue) si le ROCE après impôt tombait sous ce coût.

Exercices de synthèse : partie IV et tout le livre

  1. Délai clients. 9 / 36 × 360 = 90  ;jours (créances et ventes TTC).
  2. CAF, méthode additive. 5,0 + 2,5 − 0,8 + 0,3 = 7,0  ;MDH.
  3. Marge de manœuvre sur le covenant. 3,5 × 6 − 18 = 3  ;MDH, moins que 4 : non. Après l’achat, 22 / 6 = 3,67, au-dessus de 3,5.
  4. Seuil de rentabilité. Taux de MCV 20 / 50 = 40 % ; seuil 15 / 0,40 = 37,5  ;MDH ; marge de sécurité 12,5  ;MDH, 25 % du chiffre d’affaires.
  5. Règle du quart du capital (loi n° 17-95, art. 357). 3,5 < ; 16 / 4 = 4,0 : le conseil convoque, au plus tard le 25 septembre 2026 (trois mois après l’approbation), une AGE qui décide s’il y a lieu de dissoudre la société.
  6. FRF, BFG, TN. FRF 60 − 45 = 15 ; BFG 40 − 28 = 12 ; TN = 15 − 12 = 3  ;MDH, positive.
  7. EBE normalisé. 12,0 − 1,5 = 10,5  ;MDH, contre 11,0 : l’EBE baisse de 4,5 %.
  8. Effet de levier. ROE = ROCE + (ROCE − coût de la dette) × dette nette / capitaux propres. Sans dette : 10 %. Avec : 10 % + (10 % − 5 %) × 1 = 15 %.