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La note de Laïla Bennis

Transcription
Laïla Bennis, chargée d’affaires de la banque de Kartona, doit résumer l’entreprise en cinq phrases pour son comité de crédit : quatre phrases de constat, puis une dernière. L’exercice « La note de Laïla Bennis » vous demande de les écrire, une phrase par question de l’analyste, dans l’ordre. Chaque phrase porte un chiffre du tableau « Kartona en quatre questions » et un verbe de jugement, comme « progresse » ou « se dégrade ». Vous terminez par la première information à demander en dehors des états de synthèse, avec sa raison.
Première phrase, la richesse. Quel chiffre choisir ? L’excédent brut d’exploitation, l’EBE. Il passe de 15,8 millions de dirhams en 2023 à 26,1 millions en 2025, soit 65 pour cent de plus en deux ans. Il progresse aussi en taux : 14 pour cent du chiffre d’affaires en 2025, contre 11,1 pour cent en 2023. Vous pouvez écrire : « Kartona crée davantage de richesse : son EBE progresse de 65 pour cent en deux ans, à 26,1 millions de dirhams, soit 14 pour cent du chiffre d’affaires. »
Deuxième phrase, la trésorerie, et c’est là que Kartona répond mal. La trésorerie nette, c’est l’argent en banque moins les découverts. Elle passe de 5,4 millions de dirhams fin 2023 à moins 17,2 millions fin 2025. Vous écrivez : « Elle ne transforme pas cette richesse en trésorerie : sa trésorerie nette passe de 5,4 à moins 17,2 millions de dirhams. »
Troisième phrase, le financement. Le prêt de 2024 fixe un plafond : la dette nette ne doit pas dépasser 2,5 fois l’EBE. Où en est Kartona ? Sa dette nette valait 1,37 fois l’EBE en 2023, et 2,50 fois fin 2025. Vous écrivez : « Son financement reste tendu : la dette nette vaut 2,50 fois l’EBE fin 2025, contre 1,37 en 2023, à la limite du plafond fixé par le prêt. » Attention à un détail du contrat : il exclut du calcul les 7,3 millions de dirhams qui restent dus sur le crédit-bail. Imane les a notés en listant ce que le bilan ne montre pas. Le chapitre 7 les réintègre et montre ce que devient alors le ratio.
Quatrième phrase, la rémunération. Le résultat net rapporté aux capitaux propres atteint 11,7 pour cent en 2025, et le dividende est passé de 2,5 à 3,5 millions de dirhams en deux ans. Vous écrivez : « Ses actionnaires restent bien rémunérés : 11,7 pour cent de résultat net sur capitaux propres, et un dividende porté de 2,5 à 3,5 millions de dirhams. »
Lues ensemble, les quatre premières phrases disent au comité que l’activité va bien, que la trésorerie va mal, que la dette touche le plafond et que les actionnaires sont bien servis.
Reste la dernière partie de l’exercice. Arrêtez la vidéo et choisissez l’information que vous demanderiez en premier, en dehors des états de synthèse, puis dites pourquoi.
La réponse attendue est la balance âgée des clients : la liste des factures non encore payées, classées par ancienneté. Pourquoi les clients d’abord ? De 2023 à 2025, les créances clients ont augmenté de 20,1 millions de dirhams, et les stocks de 8,6 millions. Pendant ce temps, la trésorerie nette a perdu 22,6 millions. L’argent est donc parti d’abord chez les clients, et la banque doit savoir lesquels paient en retard. Les relevés bancaires mensuels, qui montrent le découvert moyen, et le carnet de commandes sont aussi de bonnes réponses, à condition d’être justifiés.
Trois erreurs reviennent dans les copies. La phrase sans chiffre, qui ne prouve rien. L’écart entre deux taux donné en pour cent, alors qu’il se mesure en points. Et la conclusion gardée pour la fin, quand un membre du comité lit souvent la première phrase et s’arrête là.
Dans une note de crédit, chaque phrase porte un chiffre et un verbe qui juge : le comité doit pouvoir vérifier chaque jugement.