Corrigé vidéo · Pour aller plus loin
Un emprunt ou un compte courant bloqué

Transcription
Fin 2025, le fonds de roulement fonctionnel de Kartona, le FRF, ne couvre que 70 pour cent de son besoin de financement global, le BFG. Imane, la stagiaire, a aligné les derniers bilans : au début de la série, le FRF couvrait tout le BFG. L’encadré « Pour aller plus loin » intitulé « Un emprunt ou un compte courant bloqué » demande combien de ressources stables nouvelles il faudrait pour que le FRF couvre de nouveau tout le BFG. Il compare ensuite deux solutions du même montant : un emprunt à moyen terme, ou un compte courant d’associé bloqué, traité en quasi-fonds propres. Pour chacune, on regarde le FRF, la trésorerie nette, la dette nette et le ratio du covenant. Ce ratio est la dette nette divisée par l’excédent brut d’exploitation, l’EBE, et le contrat de prêt le plafonne à 2,5 fois.
Le montant d’abord. Le FRF doit rejoindre le BFG : 58,3 moins 41,1, soit 17,2 millions de dirhams. Ce montant vous rappelle quelque chose ? C’est le découvert net de fin 2025, puisque la trésorerie nette est de moins 17,2 millions.
Redessinez le bilan fonctionnel. Dans les deux cas, le FRF monte de 17,2 millions et atteint 58,3 millions. Le BFG ne bouge pas, car les stocks, les créances et les dettes d’exploitation restent les mêmes. La trésorerie nette revient à zéro : Kartona n’a plus de découvert net, et le FRF couvre tout le BFG. Sur ces trois soldes, l’emprunt et le compte courant ont le même effet.
Arrêtez la vidéo et répondez : cet emprunt fait-il baisser la dette nette de Kartona ?
Non. La dette nette additionne les dettes de financement et la trésorerie passif, puis retire la trésorerie actif. L’emprunt ajoute 17,2 millions aux dettes de financement, et ces 17,2 millions effacent le découvert net. Une dette longue remplace une dette courte, celle que Laïla Bennis, chargée d’affaires de la banque, pouvait réduire du jour au lendemain. La dette nette, elle, reste à 65,2 millions. Le covenant la rapporte à l’EBE de 2025, 26,1 millions : 65,2 divisé par 26,1, cela donne 2,498 fois, juste sous le plafond de 2,5. L’emprunt rétablit l’équilibre du bilan, mais il laisse le ratio où il était et ajoute des intérêts.
Le compte courant bloqué se traite autrement. Kartona est une société familiale, et dans ces entreprises, les associés prêtent souvent à leur société sur un compte courant. Pourquoi le bloquer ? Sans engagement, l’associé peut se faire rembourser à tout moment, et le bilan range son compte parmi les dettes du passif circulant. Avec la convention de blocage, que le banquier exige souvent, il s’engage par écrit à laisser les fonds plusieurs années. L’analyste range alors ce compte en quasi-fonds propres, comme le montre le chapitre 7, et le laisse hors de la dette nette, sauf si un remboursement est prévu. Les 17,2 millions effacent le découvert net sans qu’aucune dette ne s’ajoute. La dette nette tombe à 65,2 moins 17,2, soit 48 millions. Le ratio passe à 48 divisé par 26,1, soit 1,84 fois.
Reste la conclusion que demande l’encadré, en deux phrases. Seul le compte courant, bloqué pour toute la durée du prêt, redonne de la marge sous le covenant. Un dividende de 4 millions irait en sens inverse : payé sur la trésorerie, il ferait remonter la dette nette d’autant.
Retenez que l’emprunt et le compte courant bloqué rétablissent le même FRF, mais que seul le compte courant bloqué fait baisser la dette nette que la banque surveille.