Corrigé vidéo · Pour aller plus loin
Retour au délai clients de 2023

Transcription
Youssef Amrani, le directeur administratif et financier, reprend la lecture du tableau de bord de Kartona à partir des feux rouges. Il leur trouve deux causes : l’onduleuse, payée à crédit, et les délais de paiement. « C’est dans la trésorerie que le problème se voit », dit-il. « Il est né dans le cycle d’exploitation. » En 2023, les clients de Kartona payaient en 90 jours. En 2025, ils paient en 101 jours. L’encadré « Pour aller plus loin » intitulé « Retour au délai clients de 2023 » suppose que Kartona ait encaissé ses clients de 2025 au rythme de 2023, toutes choses égales par ailleurs. Il faut recalculer quatre montants : les créances clients, le besoin de financement global, la trésorerie nette et la dette nette. Il faut ensuite revoir quatre feux du tableau de bord. La question finale est de savoir combien de feux rouges restent allumés.
Commencez par les créances. Combien Kartona en aurait-elle à l’ancien rythme ? Elles sont toutes taxes comprises. Partez donc du chiffre d’affaires hors taxes et multipliez-le par 1,2, puisque la taxe sur la valeur ajoutée est de 20 pour cent. Comptez l’année sur 360 jours. 186,3 millions de dirhams de chiffre d’affaires, fois 1,2, fois 90 jours, divisé par 360, cela donne 55,9 millions de créances. Le bilan de 2025 en affiche 62,7. La différence, 6,8 millions, est de la trésorerie que Kartona aurait déjà encaissée.
Ces 6,8 millions déplacent trois montants d’autant. Le besoin de financement global, le BFG, descend de 58,3 à 51,5 millions, soit 100 jours de chiffre d’affaires hors taxes. La trésorerie nette remonte de moins 17,2 à moins 10,4 millions. La dette nette baisse de 65,2 à 58,4 millions. Pourquoi les trois bougent-ils ensemble ? Parce que le fonds de roulement fonctionnel ne change pas. Ce que le BFG perd, la trésorerie nette le gagne. Et la dette nette, qui retranche la trésorerie, baisse du même montant.
Le flux de trésorerie d’exploitation de 2025 est de 3,1 millions. Arrêtez la vidéo et dites s’il change, et de combien.
Il monte de 6,8 millions, à 9,9 millions. Le flux d’exploitation, c’est la capacité d’autofinancement moins la hausse du BFG. Et cette hausse aurait été plus faible de 6,8 millions. C’est ce flux qui fait bouger la conversion de l’excédent brut d’exploitation, l’EBE.
Recalculez les ratios. La conversion de l’EBE vaut 9,9 divisé par 26,1 millions d’EBE, soit 37,9 pour cent. Le gearing, la dette nette rapportée aux capitaux propres, vaut 58,4 divisé par 68,2, soit 85,6 pour cent. La dette nette sur l’EBE vaut 58,4 divisé par 26,1, soit 2,24 fois.
Appliquez ensuite la règle des feux du chapitre, en comparant chaque ratio à 2023. Le BFG passe à 100 jours, contre 84 : il se dégrade de plus de 5 pour cent, mais de moins d’un tiers. Le feu est orange. La conversion tombe à 37,9 pour cent, contre 48,7 : elle aussi se dégrade de plus de 5 pour cent et de moins d’un tiers. Le feu est orange. Le gearing atteint 85,6 pour cent, contre 36,5 : il a plus que doublé, le feu est rouge. La dette nette sur l’EBE atteint 2,24, contre 1,367 en 2023 : le feu est rouge.
Revenez à la question de l’encadré : combien de feux rouges restent allumés ? Deux, le gearing et la dette nette sur l’EBE. Ils viennent de la première cause, un choix : l’onduleuse de 38 millions, achetée en 2024 et financée à crédit. Entre 2023 et 2025, la dette nette est passée de 21,6 à 65,2 millions. Les deux autres feux passent à l’orange sans revenir au vert. Le reste de leur dégradation vient des fournisseurs payés plus vite et des stocks.
Regardez enfin le covenant, le plafond du contrat de prêt, fixé à 2,5 fois l’EBE. Ce plafond vaut 2,5 fois 26,1, soit 65,25 millions. La marge sous le plafond, c’est ce montant moins la dette nette. Youssef la suit désormais chaque mois, avec la trésorerie nette. Avec les comptes publiés, la marge n’est que de 0,05 million, soit 50 000 dirhams. Avec le délai de 2023, elle serait de 65,25 moins 58,4, soit 6,9 millions. La priorité de 2026 s’en déduit : ramener le plus gros client aux délais de son contrat.
L’exercice a une limite. Il ignore les intérêts économisés sur le découvert, qui amélioreraient encore la couverture des intérêts.
Retenez que chez Kartona, onze jours de délai clients valent 6,8 millions de dirhams de trésorerie : de quoi faire passer la marge sous le covenant de 50 000 dirhams à 6,9 millions.