Corrigé vidéo · Pour aller plus loin
Si l’EBE baissait de 10 %

Transcription
En 2025, la dette nette de Kartona vaut 2,498 fois son excédent brut d’exploitation, l’EBE, pour un plafond de 2,5 fixé par son contrat de prêt, le covenant. La note au conseil range donc parmi les risques une baisse de l’EBE, qui ferait franchir ce plafond. L’encadré « Pour aller plus loin » intitulé « Si l’EBE baissait de 10 pour cent » chiffre ce risque. Il suppose qu’en 2026 l’EBE recule de 10 pour cent et que la dette nette reste celle de 2025. Il demande le ratio et la baisse de dette nette nécessaire pour revenir à 2,5. Il demande aussi quel levier de la note y suffit à lui seul, sans toucher au contrat, et ce que devient le dividende reconduit, puis une conclusion en deux phrases.
Que devient le ratio ? Commencez par le nouvel EBE : 26,1 millions de dirhams fois 0,9, soit 23,5 millions, arrondi au dixième. La dette nette, elle, ne bouge pas. Le ratio devient 65,2 divisé par 23,5, soit 2,77. Le risque de la note se réalise : le plafond de 2,5 est franchi.
Jusqu’où la dette nette peut-elle monter ? Jusqu’au plafond fois le nouvel EBE : 2,5 fois 23,5, soit 58,75 millions. Gardez les deux décimales : avec un écart aussi mince, un arrondi fausserait le résultat. La baisse nécessaire est de 65,2 moins 58,75, soit 6,45 millions. Arrondissez-la vers le haut, au dixième supérieur : arrondie vers le bas, elle ne suffirait pas. Il faut donc retirer au moins 6,5 millions de dette nette.
La note au conseil propose plusieurs leviers. Lequel suffit à lui seul, sans toucher au contrat ? Arrêtez la vidéo et cherchez la réponse.
C’est le délai clients ramené de 101 à 90 jours. Dans la note, ce levier revient à Youssef, d’abord auprès du plus gros client. Fin 2025, les créances clients s’élèvent à 62,7 millions. Ce retour les réduit dans la proportion des jours gagnés : 62,7 fois 11, divisé par 101, soit 6,8 millions. C’est un peu plus que les 6,5 millions nécessaires. La dette nette tombe à 58,4 millions. Le ratio devient 58,4 divisé par 23,5, soit 2,49. Le plafond est respecté, de peu.
Driss Alaoui, le fondateur, l’a demandé au conseil : « Et le dividende ? » Si Kartona y renonce, elle ne réduit pas sa dette : elle évite seulement de l’alourdir. Reconduit, il ne passe plus. Le bilan de 2025 est présenté avant répartition. Versé après le retour à 90 jours, le dividende de 3,5 millions sort donc en entier de la trésorerie et s’ajoute à la dette nette. 58,4 plus 3,5, cela donne 61,9 millions. Divisés par 23,5, ils portent le ratio à 2,63. Le plafond renégocié à 3 suffirait aussi, puisque 2,77 reste en dessous. Mais ce levier dépend de Laïla Bennis, à la banque. Or la question porte sur ce que Kartona peut faire seule.
Dernière consigne, la conclusion en deux phrases. Comme la note, elle commence par l’avis. « Une baisse de 10 pour cent de l’EBE ferait franchir le covenant. Ramener le délai clients à 90 jours suffirait à l’éviter, sans dividende en 2026 : c’est la priorité de l’année. »
Retenez qu’avec 50 000 dirhams de marge sous le plafond, une baisse de 10 pour cent de l’EBE fait franchir le covenant. Le retour à 90 jours de délai clients suffit tout juste à le respecter.