Corrigé détaillé · chapitre 3
L’activité et les soldes de gestion
Étude de cas : Tanja Confection
Travail à façon : rien n’est revendu en l’état ni stocké. Pas de marge brute, et la production est égale aux ventes de services.
- Soldes 2024 et 2025.
En MDH 2024 2025 Production (façon) 48,0 51,0 − Consommation 9,6 10,4 Valeur ajoutée 38,4 40,6 Taux de VA 80,0 % 79,6 % − Impôts et taxes 0,6 0,6 − Charges de personnel 30,5 34,2 EBE 7,3 5,8 Taux d’EBE 15,2 % 11,4 % Un façonnier vend le temps de ses équipes : 80 % de VA est normal.
- Part du personnel dans la VA. 30,5 / 38,4 = 79,4 % en 2024 ; 34,2 / 40,6 = 84,2 % en 2025. Les salaires progressent de 12,1 % (34,2 / 30,5 − 1), la VA de 5,7 % (40,6 / 38,4 − 1) : effet de ciseaux, et l’EBE perd 20,5 % (5,8 / 7,3 − 1).
- EBE 2026. Ventes : 51,0 × 1,03 = 52,5. Consommation à 20,4 % des ventes (10,4 / 51,0) : 10,7. VA : 52,5 − 10,7 = 41,8. Personnel : 34,2 × 1,05 = 35,9. EBE : 41,8 − 0,6 − 35,9 = 5,3, soit 10,1 % des ventes.
- Hausse du prix de façon. Il manque 5,8 − 5,3 = 0,5 MDH d’EBE. À volume inchangé, une hausse de prix n’augmente ni les fournitures, ni l’énergie, ni la sous-traitance : chaque dirham facturé en plus va tout entier à l’EBE. CA cible : 52,5 + 0,5 = 53,0 MDH, soit une hausse de prix de 0,5 / 52,5 = 0,95 %, environ 1 %. Ce n’est qu’un plancher : pour retrouver aussi le taux d’EBE de 2024, il faudrait environ 6 % de hausse.
- Seuil de rentabilité 2025. Charges fixes : 34,2 + 0,6 + 2,3 = 37,1. MCV : 40,6, soit un taux de 79,6 %. Seuil : 37,1 / 0,796 = 46,6 MDH ; marge de sécurité : 51,0 − 46,6 = 4,4 MDH, soit 8,6 % des ventes. Résultat courant, égal ici au résultat d’exploitation (aucune charge financière) : 40,6 − 37,1 = 3,5 ; levier : 40,6 / 3,5 = 11,6. Avec 10 % de commandes en moins, la MCV perd 4,1 MDH : perte d’environ 0,6 MDH, car la marge de sécurité (8,6 %) est inférieure à 10 %.
Testez vos connaissances
- Production − consommation de l’exercice. « CA − achats consommés » oublie la variation de stocks de produits, les immobilisations produites et les autres charges externes ; « EBE + charges de personnel », les impôts et taxes et les subventions ; « production − charges d’exploitation » retire en trop impôts et taxes, personnel, autres charges et dotations.
- Le résultat non courant. La cession d’une immobilisation est une opération non courante : le prix de cession va en produits non courants, la valeur nette de la machine en charges non courantes (Kartona, 2025 : 0,8 et 1,5 MDH).
- Faux. L’EBE se calcule sur des ventes facturées et des charges consommées, pas sur des encaissements. Kartona affiche un taux d’EBE de 14,0 % en 2025, mais son exploitation n’a laissé que 3,1 MDH de trésorerie, soit 1,7 % des ventes (chapitre 4).
- Seuil de rentabilité. MCV = 200 − 130 = 70 ; taux de MCV = 35 %. Seuil = 42 / 0,35 = 120. Marge de sécurité = 80, soit 40 % du CA. Résultat = 70 − 42 = 28 ; levier = 70 / 28 = 2,5. Contrôle : 2,5 × 40 % = 1.
- Erreur : la subvention d’exploitation n’entre pas dans la VA. Elle s’ajoute entre la VA et l’EBE. VA = 50 − 30 = 20 ; ensuite EBE = 20 + 2 − impôts et taxes − charges de personnel. L’erreur est tentante parce que la subvention figure parmi les produits d’exploitation du CPC.
- Les quatre questions. Créer de la richesse, la transformer en trésorerie, être bien financée, rémunérer ceux qui financent. L’EBE répond à la première ; il ne dit rien de la deuxième, comme le montre le découvert de Kartona.
À vous : Kartona 2024
| Étape | Calcul | MDH |
|---|---|---|
| Marge brute | 6,5 − 4,9 | 1,6 |
| Production | 152,0 + 1,5 + 0,6 | 154,1 |
| Consommation | 95,3 + 13,6 | 108,9 |
| Valeur ajoutée | 1,6 + 154,1 − 108,9 | 46,8 |
| EBE | 46,8 − 1,2 − 23,9 | 21,7 |
Taux d’EBE 2024 : 21,7 / 158,5 = 13,7 %. Les redevances de crédit-bail (1,2 MDH) sont comprises dans les autres charges externes.
Point mort 2024. MCV : 158,5 − 105,6 = 52,9 MDH ; taux de MCV : 33,4 %. Seuil : 42,2 / 33,4 % = 126,4 MDH. Marge de sécurité : 32,1 MDH, soit 20,2 % du CA. Point mort : 287 jours. Levier : 52,9 / 10,7 = 4,9.
Pour aller plus loin : le papier augmente de 10 %
Hypothèses : hausse de 10 % sur les 113,3 MDH d’achats consommés de 2025 ; autres charges variables et charges fixes (49,9 MDH) inchangées ; moitié du surcoût facturée ; calculs arrondis au dixième à chaque étape.
- Surcoût : 113,3 × 10 % = 11,3 MDH ; hausse facturée : 5,7 MDH, soit 3,1 % sur les prix.
- CA 2026 : 186,3 + 5,7 = 192,0 MDH. Charges variables : 125,0 + 11,3 = 136,3 MDH.
- MCV : 192,0 − 136,3 = 55,7 MDH. Taux de MCV : 29,0 %, contre 32,9 % en 2025.
- Seuil de rentabilité : 49,9 / 29,01 % = 172,0 MDH, contre 151,7 MDH.
- Marge de sécurité : 192,0 − 172,0 = 20,0 MDH, soit 10,4 % du CA, contre 34,6 MDH et 18,6 %.
- Contrôle : résultat courant = 55,7 − 49,9 = 5,8 MDH, contre 11,4 MDH. Point mort : 322,5 jours, vers le 23 novembre au lieu du 23 octobre. Levier : 5,4, puis 9,6.
Conclusion. Une hausse de 10 % des matières, facturée pour moitié, retire 5,6 MDH à la marge sur coûts variables et divise par deux le résultat courant, de 11,4 à 5,8 MDH. La marge de sécurité tombe de 18,6 % à 10,4 % du chiffre d’affaires : Kartona doit répercuter la plus grande partie de la hausse ou alléger ses charges fixes avant d’accepter la commande export à 120 jours.
Sans arrondi intermédiaire : seuil 172,2 MDH, marge de sécurité 19,8 MDH (10,3 %), levier 9,7. Les deux séries sont justes.
Autre lecture. Des prix de vente relevés de 5 %, la moitié de 10 %, font payer aux clients 9,3 MDH, soit 82 % du surcoût : taux de MCV 30,3 %, seuil 164,6 MDH, marge de sécurité 31,0 MDH (15,8 %), résultat courant 9,4 MDH, levier 6,3, point mort 303 jours. Juste si l’hypothèse est annoncée.