Corrigé détaillé · chapitre 7

Endettement et solvabilité

Étude de cas : Clinique Tislit

  1. Ratios 2024 et 2025. Dette nette : 20,0 + 1,0 − 3,5 = 17,5 MDH, puis 17,0 + 2,5 − 1,9 = 17,6 MDH. Gearing : 17,5 / 30,0 = 58,3 %, puis 17,6 / 34,0 = 51,8 %. Dette nette / EBE : 17,5 / 11,0 = 1,6, puis 17,6 / 12,8 = 1,4. Couverture des intérêts : 11,0 / 1,3 = 8,5, puis 12,8 / 1,2 = 10,7. La dette nette est stable et l’EBE progresse de 16 % : tous les ratios s’améliorent. Un seul signal d’alerte : la trésorerie nette passe de +2,5 à −0,6 MDH. La baisse (3,1 MDH) correspond presque exactement aux 3,0 MDH d’emprunts remboursés : la clinique a payé ses échéances sur sa trésorerie, d’où une dette nette stable. Avec des assureurs qui paient en quatre mois, elle n’a plus de trésorerie de réserve ; si le découvert continue de monter, il faudra regarder le délai de paiement des assureurs (chapitre 6).
  2. Capacité de remboursement. 2025 : 17,0 / 9,0 = 1,9 an. Fin 2026, les dettes de financement atteignent 17,0 − 3,0 + 18,0 = 32,0 MDH, soit 32,0 / 9,0 = 3,6 ans : à peu près la moitié de la durée du prêt (sept ans).
  3. Covenants de fin 2026. Dette nette : 32,0 + 2,5 − 1,9 = 32,6 MDH. Dette nette / EBE : 32,6 / 13,6 = 2,40 ≤ 3,0, covenant respecté. Couverture : 13,6 / 2,0 = 6,8 ≥ 4,0, covenant respecté. EBE minimal pour le premier covenant : 32,6 / 3,0 = 10,9 MDH. L’EBE peut donc baisser de 2,7 MDH, soit 20 %. La couverture ne tomberait sous 4,0 qu’avec un EBE inférieur à 4,0 × 2,0 = 8,0 MDH : c’est le ratio dette nette / EBE qui contraint. Autre lecture : la dette nette peut monter à 3,0 × 13,6 = 40,8 MDH, soit 8,2 MDH de marge, qu’un retard des assureurs financé à découvert consommerait dirham pour dirham.
  4. Garantie de Tamwilcom. Non. La garantie couvre une partie de la perte de la banque si la clinique ne paie pas ; la clinique doit les 18,0 MDH et les intérêts, et sa dette nette est la même avec ou sans garantie.

Testez vos connaissances

  1. Les dettes fournisseurs à 60 jours, qui relèvent du BFG. Crédits d’escompte et dettes de financement s’ajoutent ; la trésorerie actif se retranche.
  2. 0,83: (4 + 1) / (5 + 1) = 0,83. L’exploitation couvre 83 % du service de la dette. 0,80 oublie les intérêts (4 / 5), 0,67 ne les rajoute pas au flux (4 / 6), 1,20 inverse le ratio (6 / 5).
  3. Non. Le gearing baisse aussi quand les capitaux propres montent plus vite que la dette nette. Dette nette de 50 à 55, capitaux propres de 50 à 70 : le gearing passe de 100 % à 79 %, alors que la dette a augmenté.
  4. Dette nette : 40 + 6 − 4 = 42. Gearing : 42 / 50 = 84 %. Dette nette / EBE : 42 / 14 = 3,0. Couverture : 14 / 2,5 = 5,6.
  5. Erreur : le contrat exclut le crédit-bail. Ratio du contrat : 56 / 24 = 2,33 ≤ 2,5, covenant respecté. Seconde erreur : l’étudiant met le crédit-bail en dette mais laisse ses redevances dans l’EBE. Lecture économique cohérente : (56 + 8) / (24 + 2,4) = 2,42.
  6. TN = FRF − BFG = 20 − 26 = −6. Dette nette = dettes de financement − TN = 30 − (−6) = 36.

À vous

Section 7.1 : la dette nette ajustée. 12,0 + 1,5 + 0,8 + 3,0 + 2,2 = 19,5 MDH, soit 7,5 MDH de plus que la dette déclarée.

Section 7.2 : les ratios 2024 de Kartona. Dette nette : 55,0 + 5,7 − 4,1 = 56,6 MDH. Gearing : 56,6 / 63,7 = 88,9 %. Dette nette / EBE : 56,6 / 21,7 = 2,61, au-dessus du plafond de 2,5 : l’année de l’onduleuse, la dette est arrivée avant l’EBE, et le contrat ne teste le ratio qu’à partir des comptes de 2025. Couverture : 21,7 / 2,6 = 8,3.

Pour aller plus loin : céder ses créances pour tenir le covenant

  1. Dette nette : 65,2 − 10,0 = 55,2 MDH. Les créances cédées sortent des comptes clients et le découvert baisse d’autant.
  2. Comme le prévoit l’énoncé, les commissions vont en charges financières, et la cession du 31 décembre ne touche pas l’EBE 2025, qui reste de 26,1 MDH. En pratique, la part de la commission qui rémunère le service est souvent classée en charges externes : elle réduirait alors l’EBE de 2026. Ratio : 55,2 / 26,1 = 2,11. Marge de manœuvre : 2,5 × 26,1 − 55,2 = 10,05 MDH, contre 0,05.
  3. Gearing : 55,2 / 68,2 = 80,9 %, contre 95,6 %.
  4. Kartona n’est pas moins endettée pour autant. Elle a remplacé un découvert par un financement de la société d’affacturage ; ses clients paient toujours à 101 jours, et elle paie 0,3 MDH par an. Sans recours, le risque d’impayé passe à la société d’affacturage, ce qui rapproche l’opération d’une vente ; elle reste pourtant un financement du BFG. Un analyste prudent ajoute donc l’encours cédé à la dette, d’autant que son coût, les commissions, est déjà classé en charges financières : il retrouve 65,2 MDH de dette nette et un ratio de 2,50.

L’affacturage donne de la trésorerie et de la marge sur le covenant tel qu’il est rédigé ; il ne réduit pas le besoin de financement. Avant de signer, Youssef doit lire la définition de la dette nette dans le contrat de prêt. Le remède durable passe par le délai clients (chapitre 6) ou par l’EBE.

Exercices de synthèse : partie III

  1. Dette nette / EBE. 12 + 2 − 1 = 13 ; 13 / 5 = 2,6 > 2,5 : plafond dépassé.
  2. Délai clients. 18 / (90 × 1,2) × 360 = 60 jours.
  3. TN = FRF − BFG. FRF = 40 − 31 = 9 ; TN = 9 − 12 = −3 MDH.
  4. Capacité de remboursement. 24 / 6 = 4 ans pour des prêts de sept ans : soutenable, si la CAF arrive en banque.
  5. Amende de retard (code de commerce, art. 78-3, loi n°  ;69-21). Le client dépasse 2 MDH de chiffre d’affaires : il est soumis à la loi. 60  ;000 × (2,25 %, taux directeur de Bank Al-Maghrib, + 0,85 %) = 1  ;860 DH, versés au Trésor et non au fournisseur, non déductibles.
  6. Liquidité réduite. (30 − 12 + 2) / (18 + 4) = 0,91 : non, il devra vendre une partie de son stock.
  7. Dette nette / EBE retraitée du crédit-bail. Publiée : 20 / 8,0 = 2,5 ; retraitée : (20 + 9) / (8,0 + 3,2) = 2,6. C’est la seconde qui se compare au concurrent propriétaire.
  8. BFG en jours de chiffre d’affaires. 15 / 90 × 360 = 60 jours ; un jour de ventes vaut 90 / 360 = 0,25 MDH de trésorerie.