Chapitre 3 · L’activité et les soldes de gestion
Construire le TFR à partir du CPC

Transcription
En 2025, Kartona a vendu pour 179,1 millions de dirhams de cartons. Elle en a fabriqué pour 181,5 millions. Lequel de ces deux chiffres entre dans la valeur ajoutée ? Pour le savoir, posez côte à côte le compte de produits et charges de 2025, le CPC, et le tableau de formation des résultats, le TFR. Le TFR compte dix soldes, encore vides. C’est lui qui dira à Kenza Alaoui, la directrice générale, ce qu’il reste des ventes.
Premier solde, la marge brute. Elle ne concerne que le négoce : les marchandises revendues sans transformation. Kartona en fait-elle ? Un peu. Elle en a vendu pour 7,2 millions et les avait achetées 5,4 millions. La marge brute est de 1,8 million.
Deuxième solde, la production de l’exercice. Elle additionne trois lignes du CPC : les ventes de biens produits, 179,1 millions, la variation de stocks de produits, 2,4 millions, et les immobilisations produites, nulles en 2025. Au total, la production atteint 181,5 millions. Voilà la réponse à la question du début : c’est ce chiffre qui entre dans la valeur ajoutée. Il compte aussi les 2,4 millions partis en stock, que les ventes ignorent. Et le chiffre d’affaires, 186,3 millions ? Il ne convient pas non plus. Il contient les ventes de marchandises, déjà comptées dans la marge brute, et gonflerait la valeur ajoutée de 4,8 millions.
Troisième solde, la consommation de l’exercice : ce que Kartona achète à d’autres entreprises et consomme dans l’année. D’abord les achats consommés de matières et fournitures, le papier, l’encre et l’énergie : 113,3 millions. Puis les autres charges externes, 15,8 millions, dont 2,3 millions de redevances de crédit-bail. Au total, la consommation atteint 129,1 millions.
La valeur ajoutée tient alors en une ligne : 1,8 plus 181,5 moins 129,1, soit 54,2 millions. C’est la richesse que Kartona crée elle-même. Pour descendre à l’excédent brut d’exploitation, l’EBE, ajoutez les subventions d’exploitation : Kartona n’en a pas. Retirez ensuite 1,3 million d’impôts et taxes, et 26,8 millions de charges de personnel. L’EBE est de 26,1 millions.
En 2024, les équipes de Kartona ont réalisé 0,6 million de travaux pour l’entreprise elle-même. Dans quel solde les inscrivez-vous ? Arrêtez la vidéo et placez ce montant.
Dans la production de l’exercice, à la ligne des immobilisations produites. L’entreprise a fabriqué un bien qu’elle garde : aucune facture n’est émise, et c’est pourtant une production.
Il reste à descendre jusqu’au résultat net, pour contrôler le tableau. Partez de l’EBE, 26,1 millions. Ajoutez 0,3 million d’autres produits d’exploitation et retirez 0,4 million d’autres charges d’exploitation. Ajoutez 0,6 million de reprises, retirez 11,3 millions de dotations. Le résultat d’exploitation est de 15,3 millions. Le résultat financier, moins 3,9 millions, mène à un résultat courant de 11,4 millions. Vient ensuite le résultat non courant, moins 1,1 million : une vieille machine vendue à perte et des amendes pour retard de paiement. Retirez enfin 2,3 millions d’impôt sur les sociétés. Vous arrivez à 8 millions, le résultat net du CPC. Si les deux montants diffèrent, une ligne a été mal placée.
Le tableau « Kartona SA, 2024 : de la production à l’EBE » vous fait refaire ces cinq soldes sur l’année 2024, que le TFR du chapitre ne montre pas. N’oubliez pas les 0,6 million d’immobilisations produites.
Retenez le contrôle final : le TFR remet les lignes du CPC dans un autre ordre, donc son résultat net doit tomber exactement sur celui du CPC, 8 millions pour Kartona en 2025.