Chapitre 4 · De la CAF à la trésorerie
Calculer la CAF par les deux méthodes

Transcription
En 2025, Kartona affiche un résultat net de 8 millions de dirhams et une capacité d’autofinancement, la CAF, de 18,8 millions. Deux méthodes mènent à ce chiffre, et la seconde contrôle la première : elles doivent tomber d’accord. Gardez sous les yeux le tableau de formation des résultats du chapitre 3 et le tableau de la CAF de l’état des soldes de gestion.
La méthode additive d’abord, celle de l’état des soldes de gestion. Partez du résultat net, 8 millions. Ajoutez les dotations aux amortissements, 10,1 millions : ce sont des charges sans sortie d’argent. Retirez le prix de cession de la vieille machine vendue en 2025, 0,8 million, et ajoutez sa valeur nette d’amortissements, 1,5 million. 8 plus 10,1, moins 0,8, plus 1,5 : la CAF est de 18,8 millions. Pourquoi toucher à cette vente ? Parce qu’une cession n’appartient pas à l’activité de l’année. Ces deux dernières lignes annulent la moins-value de cession, 0,7 million.
Regardez maintenant les dotations. Au tableau de formation des résultats, les dotations d’exploitation de 2025 font 11,3 millions. Pourquoi la CAF n’en ajoute-t-elle que 10,1 ? La différence, 1,2 million, correspond aux provisions sur créances clients. Elles relèvent de l’actif circulant et diminuent déjà les créances nettes, donc le besoin de financement global, le BFG. Si vous les ajoutiez à la CAF en retirant leurs reprises, vous gonfleriez le flux d’exploitation de leur variation nette : 1,2 moins 0,6, soit 0,6 million. Le BFG compte déjà ce montant.
La méthode soustractive ensuite. Le Code général de normalisation comptable la recommande pour l’analyse et le contrôle. Elle part de l’excédent brut d’exploitation, l’EBE, et ne reprend que les lignes situées dessous, chacune avec son signe. Les achats et les salaires sont déjà dans l’EBE. Le tableau « Kartona SA, 2025 : la CAF par la méthode soustractive » la déroule ligne par ligne.
Une case de ce tableau reprend le piège des provisions. Arrêtez la vidéo et trouvez le montant à inscrire à la ligne des dotations aux provisions de l’actif circulant, avec son signe.
Moins 1,2 million. Ce sont les 11,3 millions de dotations du tableau de formation des résultats, moins les 10,1 millions déjà repris dans le tableau de la CAF. Le signe est négatif, car ces provisions restent déduites.
Remplissez maintenant la colonne. L’EBE vaut 26,1 millions. Ajoutez 0,3 million d’autres produits d’exploitation et retirez 0,4 million d’autres charges d’exploitation. Ajoutez 0,6 million de reprises sur provisions de l’actif circulant, puis retirez les 1,2 million de dotations. Le résultat financier retire 3,9 millions. Les produits non courants hors cessions sont nuls. Les pénalités retirent 0,4 million, et l’impôt sur les résultats retire 2,3 millions. Vous arrivez à 18,8 millions.
Les deux méthodes donnent la même CAF. Si vous trouvez un écart, une ligne est mal classée : regardez d’abord la cession et les provisions. Ajoutez un contrôle de bon sens. Sans gros élément non courant, la CAF se situe entre le résultat net et l’EBE. Chez Kartona, vous trouvez 8 millions, puis 18,8, puis 26,1 : l’ordre est respecté. Et si votre CAF dépassait l’EBE ? Cherchez un gros produit financier ou non courant.
Reste l’autofinancement, la CAF moins les dividendes versés dans l’année. Kartona a versé 3,5 millions en 2025 : son autofinancement est de 15,3 millions. Le conseil veut augmenter ce dividende l’an prochain. Youssef Amrani, le directeur administratif et financier, tempère : il veut d’abord vérifier que la CAF est arrivée en banque.
Retenez que la méthode additive part du résultat net, que la soustractive part de l’EBE, et que les provisions sur créances clients restent déduites dans les deux.